jeudi 12 avril 2012

Petit lexique orchidéen (en deux coups de cuillère à pot ;-)

Le jeudi, c'est orchi-dées ! Et aujourd'hui, à la fin de ce post on pourra (presque) parler comme des experts ès orchidées ;-) Et vous savez pourquoi ? Parce qu'on va reprendre quelques bases du "vocabulaire" orchidéen, comme les pros. Quand on commence à s'intéresser aux orchidées, comme dans tous les domaines, on est vite confronté à des termes spécifiques complètement inconnus, mais néanmoins importants à savoir. J'en ai sélectionnés quelques uns, si vous avez d'autres suggestions, elles sont les bienvenues, bien sûr ;-)

botanique ou hybride ?
Une orchidée botanique est une plante qui se trouve naturellement dans la nature contrairement aux hybrides qui sont nés de croisements faits par l'Homme. L'hybridation a permis d'obtenir des plantes encore plus variées, moins chères et qui s'adaptent mieux aux conditions de culture en intérieur par exemple. La plupart des orchidées qu'on trouve en jardinerie ou supermarché sont des hybrides. Ils peuvent être obtenus de croisements entre orchidées du même genre ou de deux genres différents. Par exemple un Asconopsis est issu d'une hybridation entre un Ascocentrum et un Phalaenopsis.

Mon Asconopsis Jiaho's qui ressemble à un mini Phal.

le substrat (sub quoi ?...)
Le substrat est le mélange dans lequel on va planter son orchidée pour la cultiver. Il en existe de plusieurs sortes : des mélanges déjà tous faits (à base d'écorces de pin, de tourbe et de fibres de coco), des billes d'argile (pour l'hydroculture), de la sphaigne, ou encore des planches de liège, etc... Il est à choisir en fonction du type de son orchidée : épiphyte, lithophyte ou semi-terrestre.

Mon petit Dendrobium dans de la sphaigne

épiphyte, lithophyte ou semi-terrestre ?
Les orchidées poussent soient au sol au pied des arbres par exemple, dans ce cas on dit qu'elles sont semi-terrestres (logique ;-) soit sur des pierres quand elles sont lithophytes, soit accrochées à des végétaux ou autres supports et dans ce cas on dit qu'elles sont épiphytes. Les orchidées lithohytes et épiphytes développent des racines capables de capter l'eau des pluies et l'humidité qui se trouve dans leur environnement. Attention, elles ne sont pas des parasites car elles ne se se servent pas de leur hôte pour se nourrir. Les semi-terrestres ont besoin d'un substrat dense qui retient l'eau alors que les épiphytes ont besoin d'un substrat plus léger et aéré, ou peuvent même s'en passer (les Vandas).
Exemples  d'orchidées semi-terrestres : Paphiopedilums, Cymbidiums
Exemples d'orchidées épiphytes : Vandas, Phalaenopsis, Dendrobiums


Racines et pseudo-bulbes de ma Brassia Maculata


le système racinaire
Les racines peuvent être fines comme pour les Dendrobiums, les Oncidiums, les Miltonias ou encore les Brassias ou beaucoup plus épaisses comme pour les Vandas, les Phalaenopsis et les Zygopetalums. En fait les racines des orchidées sont constituées de deux parties : la partie centrale, qui est une tige très fine et une enveloppe plus ou moins épaisse qui retient l'eau à la manière d'une éponge. Cette enveloppe s'appelle le velamen. Plus il est fin, plus il faudra veiller à éviter le dessèchement du milieu de culture de la plante. Quand on arrose ou baigne une orchidée, les "pores" présents sur les racines s'ouvrent pour absorber l'eau (on les voit bien sur les Phals. par ex). Pour éviter que la plante ne se dessèche, il faut donc lui laisser le  temps de boire correctement : en général au bout de 5/10 min quand les racines deviennent bien vertes (selon les orchidées).

Racines de mon grand Phalaenopsis blanc

sympodiale ou monopodiale ?
Pour faire court et simple : une orchidée monopodiale se développe autour d'une "tige" centrale en formant un tronc. Les feuilles poussent en alternance d'un côté, puis de l'autre. Les Phalaenopsis et les Vandas sont des monopodiales.
A l'inverse, les sympodiales forment des cannes ou des pseudo-bulbes reliés par un rhyzome (sorte de très grosse racine). Les Dendrobiums forment des cannes plus ou moins allongées, alors que les Oncidiums, les Brassias, ou encore les Zygopetalums forment de beaux pseudo-bulbes ronds ou oblongs bien lisses (sauf quand ils vieillissent ou que la plante manque d'eau). 

Cannes de mon Dendrobium Nobile
Pseudo-bulbes de mon Zygopetalum Louisendorf

hampe florale
La hampe florale est la tige que certaines orchidées développent pour porter leurs fleurs. Par exemple les Dendrobiums Nobiles n'en font pas contrairement aux Dendrobiums Phalaenopsis. Selon les espèces, les hampes peuvent refleurir (Phalaenopsis) ou non (Oncidiums). Contrairement aux conseils de certains spécialistes des orchidées, personnellement, je ne coupe jamais une hampe florale tant qu'elle ne s'est pas desséchée : dans la nature personne ne viendrait la couper ;-) Je préfère ne pas provoquer les refloraisons et laisser mes plantes pousser et fleurir à leur rythme.

Les boutons de mon Dendrobium Nobile sans hampe florale
La hampe florale de mon Denrodium Phalaenopsis en boutons

keiki
Les orchidées se reproduisent de différentes façons : par les graines issues des floraisons, par leur ryzhome qui produit de nouvelles cannes ou pseudo-bulbes ou encore par les keikis. Keiki est un mot qui signifie "bébé". Et effectivement il s'agit d'une mini-orchidée avec des feuilles et des racines qui peut même fleurir ! Les keikis apparaissent soit entre les feuilles, sur les hampes florales ou encore sur les cannes (Dendrobiums). Pour avoir le plus de chances possibles de supporter la séparation, le keiki doit respecter la règle de trois : au moins 3 feuilles et 3 racines de plus de 3 cm de long.

Tout petit keiki de mon Dendrobium Stardust

Et voilà, maintenant vous en savez autant que moi  et vous allez pouvoir éblouir votre fleuriste !
(la dernière fois je suis tombée sur un qui vendait des orchidées mais ne savait même pas ce que c'était de la sphaigne ;-)
A vous les experts !